Interview artiste EPHEMERIA

Interview Anagruz

INTERVIEW ANAGRUZ

Anagruz
  1. Pourrais tu te présenter ?
    Je m’appelle Anaïs Gruson, nom d’artiste ANAGRUZ, je suis artiste peintre autodidacte spécialisée en art animalier.
    Je suis une amoureuse de la nature et des animaux, une cavalière passionnée et dessinatrice depuis… que je peux tenir un stylo dans la main! Je suis ingénieur de formation, mais la peinture prenant de plus en plus de place dans ma vie, j’ai eu la chance que mon employeur se montre compréhensif et m’accorde un temps partiel pour que je puisse m’investir dans mon art. Je me suis lancée dans les expositions il y a 5 ans, et très vite est apparu l’engagement de mon art pour la cause animale, qui me tient aujourd’hui particulièrement à coeur. Aujourd’hui l’art prend une part indispensable dans ma vie, il fait partie de moi et de mon équilibre de vie.
  2. Pourrais-tu présenter ton univers artistique ?
    C’est à la frontière entre l’abstrait et le figuratif: mes Superpositions mélangent des fonds abstraits et colorés, sur lesquels je peins des animaux réalistes qui se craquèlent. Et dans mes Insaisissables, les animaux réalistes semble « fondre » sur un fond d’articles de journaux. C’est un univers où je veux mettre en avant le mystère, la force mais aussi la délicatesse de l’animal, et où je suis sans cesse à la recherche de ma créativité, pour livrer mon message avec sincérité et authenticité.
  3. Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir artiste peintre ?
    Je dessine et je peins depuis toute petite, ça a toujours fait partie de ma vie. Certains chantent, d’autre dansent, sculptent ou écrivent, moi je peins. C’est mon moyen d’expression, celui qui me fait vibrer, qui me permet de transmettre ce que je ressens et me tient à coeur, et me permet de donner une voix aux animaux qui n’en ont pas, ou si peu.
  4. Peux-tu nous parler de tes sources d’inspiration ?
    Je dirais Caryl Férey, qui a cette écriture brute et sincère, qui jette sur le papier des phrases « nues », sans détours ni ménagement ou concession, et qui, en me faisant vibrer, attise le feu intérieur qui me pousse à créer.  Boris Vian également, qui a cette façon si particulière de penser hors du cadre, et qui m’encourage à sortir des sentiers battus. Des auteurs qui m’emportent, m’emmènent loin, hors du temps, et me ramènent, encore plus vivante qu’au départ.
  5. Peux-tu nous parler de tes techniques ?
    Je peins à l’acrylique,avec des jeux de matière notamment dans mes Superpositions. Je peins d’abord mes fonds avec de l’acrylique fluidifiée mélangée à de l’huile de silicone et passée au chalumeau, c’est ce qu’on appelle le « pouring ». Puis j’applique des enduits de types différents, certains craquèlent et d’autres non. Une fois ces enduits secs, je les prépare comme si je préparais une toile vierge, et je peins mon animal réaliste dessus.
    Et pour les Insaisissables, je choisis des articles de journaux le plus souvent économiques, et je peins mon animal par dessus, en mélangeant réalisme et coulures.
    Dans les deux cas, je cherche à donner cette impression que l’animal s’échappe, sans que l’on puisse le retenir, afin d’illustrer l’urgence de préservation de notre biodiversité, et de sensibiliser le public à la vie animale afin d’encourager les efforts pour la conserver.
  6. Pourquoi as tu cet attachement à la peinture animalière ?
    J’aime peindre l’animal, il rappelle la patience, et surtout la vérité car il ne ment pas. En apparence proche de nous, l’animal nous est pourtant invariablement inaccessible, car nous ne pouvons entendre sa communication autrement que depuis notre propre langage. Avec la surinformation qui accompagne l’essor du numérique, le temps et la nuance manquent, rangeant les êtres et les individus dans des cases continuellement plus restreintes et raccourcies, notamment les animaux qui souffrent de l’antagonisme si sévère humain/bête. Ils sont spectateurs d’un monde où leur voix se perd dans le brouhaha des actualités.
    Face à l’effondrement de la biodiversité, j’ai souhaité apporter une dimension supplémentaire à mes oeuvres animalières, en apportant ma contribution à la mobilisation pour la préservation de la nature, et donner, si possible, une voix supplémentaire à ceux que j’appelle les Grands Silencieux.
  7. Que signifie ‘artiste engagé’ selon toi ?
    Un artiste est engagé selon moi à partir du moment où il met son art au service d’une cause, et que sa démarche artistique s’articule autour de cette cause. Cet engagement ne doit pas se limiter à son art bien sûr, la vie de l’artiste doit être en cohérence avec sa démarche, mais la plupart du temps la question de la cohérence ne se pose pas car la démarche artistique est quelque chose de sincère.
    Dans mon travail ça se manifeste bien sûr par mes sujets de peinture, mais également par les choix de mes expos en participant par exemple à des événements et salons caritatifs où une partie des bénéfices est reversée en faveur de la conservation environnementale, mais aussi au quotidien sur les réseaux sociaux: chaque fois que je publie une oeuvre achevée, j’en profite pour décrire une habitude propre à l’animal que je peins, des faits sur son espèce, raconter une histoire et rendre cet animal plus proche de nous. Car je suis convaincue que ce qui menace la vie animale sur notre planète n’est pas seulement les activités polluantes, mais aussi la méconnaissance des espèces qui nous entourent.
  8. Selon toi, de quelle manière l’ART peut contribuer à la protection de la planète ?
    C’est le rôle de l’artiste d’aller à contre-courant pour décrire voire critiquer le monde qui l’entoure, et le remettre en question. Plutôt que de passer par les canaux classiques de communication, l’art aborde sous un autre angle le message écologique, et participe à la sensibilisation et à la protection de la planète à travers les frontières sans barrière de langue: l’art est universel car il touche le coeur.
    Et plus les canaux de communications seront nombreux et diversifiés pour diffuser ce message, mieux il passera.
  9. Pourquoi as tu décidé de rejoindre l’association Free Spirit et son projet EPHEMERIA ?
    Nous nous sommes très vite entendus sur la contribution à la protection de la planète par l’art bien sûr!
    J’ai aimé l’idée que ce ne soit pas un événement unique mais un programme d’événements avec plusieurs expositions: il y a une continuité qui me permet de me projeter, et d’envisager des propositions artistiques sur le long terme pour donner de la force au message que l’on souhaite faire passer.
  10.  est-ce que tu t’imagines dans 10 ans ?
    Dans 10 ans, c’est loin… Les choses ont tellement évolué dans mon travail d’artiste que c’est difficile parfois de savoir ce qui m’attend pour les 10 prochaines années. Une chose est sûre, c’est que je serai toujours devant mon chevalet à peindre des animaux, peut-être dans un nouveau style, peut être sur un nouveau type de support, je ne me ferme aucune porte. Je serai toujours engagée pour la cause animale, et dans un monde idéal je me vois en partenariat avec des associations caritatives françaises ou internationales (peut-être en tant que porte-parole si je me prends à rêver?). Et dans un monde encore plus idéal, je vois mes animaux fixer les décisionnaires dans leur bureau, pour qu’ils n’oublient jamais la nature quand ils font leurs choix…
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